mise-au-point-pekin.doc - Histoire-géographie

Le jeu de mots avec « La » Cité interdite en tant que telle est évident, mais le
sujet ne se ..... proclamation solennelle des résultats aux examens impériaux,
lecture des ..... Si l'on en croit certains contemporains, la taxe de 20 à 30% qui
frappait les .... Mais la grande masse de la production de l'ère Hongzhi (1488-
1506) est ...

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MISE AU POINT SCIENTIFIQUE : PEKIN, UNE CITE INTERDITE? INTRODUCTION La Chine, au XVème siècle est un des c?urs du système monde - Avec l'expulsion des Mongols hors de la Chine, on peut parler d'une
véritable « restauration nationale », avec l'instauration par Hongwu
(1368-1398), d'une nouvelle dynastie qui marque la Chine, la dynastie
Ming (1368-1644). Les premiers temps de cette dynastie, avec Hongwu et
Yongle (1403-1424) sont une période de reconstruction économique,
territoriale avec une Chine unifiée en expansion diplomatique et
militaire, mais arrêtée et freinée au milieu du XVème siècle, avant
que ne se produise, après 1520 un vif essor économique qui
s'accompagne d'une remarquable transformation de la société. Cette
période est d'ailleurs perçue par les Chinois, comme le « début des
temps modernes ».
- La Chine partage avec l'Europe, des conceptions ethnocentriques
reposant sur la conviction de sa supériorité culturelle. Une carte de
la Chine au XVème siècle, dite « carte du monde » comprenant « cent
cinquante-trois royaumes » montre ainsi que les Chinois se
considéraient « Au centre de tout ce qui est sous le ciel ». Ils
inscrivaient le monde dans un « carré » comme un damier alors que le
ciel est rond « comme un bol renversé ». Le monde est pensé en carrés
emboités : l'empire du Milieu, Zhonguo (lui-même divisé en vieux c?ur,
dit « fleur centrale », Zhonhua, la fleur symbolisant la civilisation,
et les régions périphériques), le monde sinisé, les tributaires (les
barbares cuits »), les peuples extérieurs, appelés à devenir
tributaires à leur tour (« les barbares crus »). Les non-Chinois,
nécessairement impressionnés par l'aura de la Chine, et cherchant à
s'assurer sa protection, devaient reconnaître sa suzeraineté en lui
apportant des cadeaux, à une fréquence et selon des modalités fixées
par la Chine. De leur côté, les Chinois adoubaient leurs vassaux en
faisant remettre un sceau aux souverains jugés légitimes et en leur
offrant des produits de luxe. Au besoin, la Chine intervenait dans
leurs affaires intérieures et réglait les conflits entre eux.
- Pour les Chinois de l'époque, l'Europe est loin. 150 ans après
l'arrivée de Marco Polo et de plusieurs missionnaires de la
chrétienté, la Chine n'est plus en relation ni directe ni indirecte
avec l'Europe. « Les territoires de l'ouest » désignent pour les
Chinois de l'époque l'Asie centrale, le Tibet, l'Inde, alors que
« l'océan occidental » renvoie à l'océan Indien qu'explore l'eunuque
Zheng He. En 1520-1521, la première ambassade portugaise en Chine,
conduite par Tomé Pires se solde par un échec lamentable. La Chine
apparaît alors, comme un empire fermé, comme semble le symboliser la
Cité interdite, replié désormais sur lui-même, à abri du regard
occidental. Il semble que « si les Turcs ont échoué à conquérir le
monde, les Chinois ont choisi d'y renoncer » (texte d'accompagnement
des programmes) Un sujet problématique
- Du fait d'un objet d'étude intitulé Pékin, une cité interdite ? Le jeu
de mots avec « La » Cité interdite en tant que telle est évident, mais
le sujet ne se réduit pas à la Cité interdite. Il s'agit donc
d'analyser une ville (comme - Istanbul, un port- évoquée aussi dans
les ressources pour faire la classe), capitale d'un empire pour lequel
on peut se demander quel est son degré d'ouverture ou de fermeture.
L'analyse de la cité à elle-seule peut-elle permettre de comprendre la
réalité du pouvoir des Ming, leur politique et son évolution ?
- Du fait des perceptions qui peuvent conditionner notre lecture du
passé. Pour les Chinois, la Chine ne fait aujourd'hui que renouer avec
son passé, passé glorieux. Tandis que le pays est à la recherche d'une
reconnaissance internationale, les historiens chinois mobilisent
beaucoup de moyens et de sources pour démontrer que l'Empire du milieu
a toujours pratiqué une politique d'ouverture. A l'inverse, notre
vision de la Chine des Ming peut être conditionnée par celle des
Occidentaux qui ont pu mettre en avant, du fait de leur difficulté à
la pénétrer, avant tout la fermeture de cette dernière. Le discours
des lettrés confucianistes, qui reprennent les rênes du pouvoir en
1424 et mettent en avant la nécessité d'une fermeture, ne correspond
aussi que partiellement à la réalité.
- Du fait de sources difficiles à trouver et à exploiter : la Cité
interdite a été le lieu de la résidence de l'Empereur et le centre du
pouvoir politique pendant 5 siècles. De fait, si elle porte la marque
des Ming (1368-1644) elle a été aussi profondément modifiée par la
dynastie Qing (1644-1912). Ainsi, si la disposition d'ensemble de la
cité interdite n'a guère changé depuis le XVème siècle, les
modifications et les rénovations ont été incessantes. Cela pose donc
la question des sources sur lesquelles les séances peuvent être
élaborées : architecture, histoire des arts.........................
Cette mise au point scientifique vise, après avoir décrit la ville de Pékin
au XVème et XVIème siècles, à comprendre comment la ville témoigne d'un
grand « réaménagement de la Chine » et de la puissance de cette
civilisation, et à s'interroger enfin sur le degré de fermeture ou
d'ouverture de ce pays, ainsi que sur sa participation à la première
mondialisation. Dans quelle mesure la Chine est-elle alors « dépassée » par
l'Europe ?
I. PEKIN, « LA PLUS GRANDE VILLE DU MONDE ».
Objectif : présenter la ville de Pékin aux XVème et XVème siècles et
comprendre, comment la Cité interdite, emblème de la Chine des Ming,
reflète, au-delà d'un repli sur soi, une façon de concevoir le pouvoir.
A. UNE NOUVELLE DYNASTIE FAIT LE CHOIX DE CHANGER DE CAPITALE
La naissance d'une nouvelle dynastie Depuis 1276, la dynastie mongole des Yuan gouverne la Chine.
Elle est rapidement minée par des querelles de succession,
l'inflation, la désorganisation de la Chine. Dans les années 1350, le
patriotisme chinois se réveille, à l'instigation notamment de la
société bouddhique des turbans rouges. Des révoltes paysannes éclatent
simultanément dans de nombreuses provinces. Dans cette situation
confuse, Zhu Yuanzhang, un paysan s'impose, remportant victoire sur
victoire. Quand ses troupes arrivent à Pékin en 1368, les Mongols ont
déjà fui. La même année, il fonde à Nanjing (Nankin), une nouvelle
dynastie, celle des Ming et adopte Hongwu pour nom de règne (1368-
1398).Il met en ?uvre une ambitieuse politique de reconstruction
économique, sociale, institutionnelle. Son 4ème fils usurpe le trône
en 1402, à l'issue d'une guerre civile et prend le nom de Yongle (1403-
1424), il continue l'?uvre de son père. Le choix d'une nouvelle capitale, un choix géopolitique.
Dès sa prise de pouvoir en 1402, Yongle songe à transférer la
capitale de Nankin à Pékin. Son choix s'explique par sa proximité avec
la frontière septentrionale. La menace mongole pesant toujours sur
l'Empire, une riposte rapide à toute tentative de raid est aisée.
Cependant, c'est aussi une exposition renforcée. Il faut aussi se
souvenir que Pékin était déjà une importante place commerçante dès le
IXème siècle. Siège de la principauté de Yan au Vème siècle, elle a
été la capitale des Liao (907-1125), puis celle des Jin (1125-1234),
avant de devenir la « Grande capitale ou Dadu des Yuan », décrite par
Marco Polo dans son Devisement du Monde, le livre des Merveilles,
capitale donc de « trois dynasties barbares » Peut être, Yongle
songeait-il à une grande Chine « à la mongole », incluant la steppe
dont Pékin aurait été le centre géopolitique et militaire. Ce choix
traduit par ailleurs un certain « abandon » du sud. Une politique de grands travaux, qui permet de développer la ville Yongle installe la ville nouvelle légèrement au sud de
l'ancienne capitale Mongole. Il reconstruit Pékin. Au c?ur de la
ville, dans un vaste quadrilatère de 960m sur 750m, Yongle fait
construire une véritable ville dans la ville, la « cité pourpre
interdite » (Zijin cheng). On raconte que des centaines milliers de paysans sont amenés par
roulement à travailler plus ou moins directement à l'édification de ce
projet grandiose. De 1047 à 1420, près de 200 000 ouvriers s'activent
sur ce chantier de 720 000 m2. La pierre nécessaire à la construction
est extraite des carrières du Fangshan, non loin de Pékin. Le marbre
provient de Xuzhou, au Jiangsu et les briques sont fabriquées à
Linqing, dans la péninsule du Shandong, à plus de 500 km de la
capitale. Le bois de charpente vient des provinces du Sichuan, du
Guizhou et du Yunnan, à plus de 2000 km à vol d'oiseau. Le quart du
trajet s'effectue sur le canal impérial qui depuis des siècles relie
le nord au sud et qui a été restauré en 1411-1415. Quelque 300 000
hommes furent mobilisés pour remettre en Etat la section centrale du