Examen des maximes des saints sur la vie intérieure - La Voie du SOI

1- Revue et examen de la littérature 12 ...... L'arbre de décision est une méthode de formalisation de la situation et de ses conséquences. .... Quels sont les risques normaux de défaillance d'une machine donnée ? ...... d'entrée et en fonction de l'erreur obtenue à la sortie, on corrige les poids accordés aux pondérations.


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Examen des maximes des saints sur la vie intérieure [Document électronique]
/ Fénelon ; édition critique publiée d'après des documents inédits par
Albert Cherel [pic]
AVERTISSEMENT
p97
J'ai toujours crû qu'il fallait parler et écrire le plus sobrement qu'on
pourrait sur les voies intérieures. Quoiqu'elles ne renferment rien qui ne
sait manifestement conforme à la règle immuable de la foi et des m?urs
évangéliques, il me paraît néanmoins que cette matière demande une espèce
de secret. Le commun des lecteurs n'est point préparé pour faire avec fruit
de si fortes lectures. C'est exposer ce qu'il y a de plus pur et de plus
sublime dans la religion à la dérision des esprits profanes, aux yeux
desquels le mystère de J-C crucifié est déjà un scandale et une folie.
C'est mettre entre les mains des hommes les moins recueillis et les moins
expérimentez le secret ineffable de Dieu dans les c?urs, et ces hommes ne
sont capables ni de s'en instruire, ni de s'en édifier. D'un autre côté
c'est tendre à toutes les âmes crédules et indiscrètes un piége pour les
faire tomber dans l'illusion ; car elles s'imaginent bien tôt être dans
tous les états qui sont p98
représenté dans les livres : par là elles deviennent visionnaires et
indociles ; au lieu que si on les tenait dans l'ignorance de tous les états
qui sont au-dessus du leur, elles ne penseraient à entrer dans les voies
d'amour désintéressé et de contemplation qu'autant qu'elles y seraient
portées par le seul attrait de la grâce, sans que leur imagination
échauffée par des lectures y eût aucune part. Voilà ce qui m'a persuadé
qu'il fallait garder autant qu'on le pourrait le silence sur cette matière,
de peur d'exciter trop la curiosité du public, qui n'a ni l'expérience ni
la lumière de grâce nécessaire pour examiner les ouvrages des saints. Car
l'homme animal ne peut ni discerner ni goûter les choses de Dieu telles que
sont les voies intérieures. Mais puisque cette curiosité est devenue
universelle depuis quelque temps, je crois qu'il est important d'écrire
pour empêcher qu'elle n'aille jusqu'a des excès dangereux, et qu'il est
aussi nécessaire de parler contre l'illusion, qu'il eût été à souhaiter de
se taire sur les expériences même les plus véritables. Je me propose dans
cet ouvrage d'expliquer les expériences et les expressions des saints, pour
empêcher qu'ils ne saient exposez à la dérision des impies. En même temps
je veux éclaircir aux mystiques le véritable sens de ces saints auteurs,
afin qu'ils connaissent la juste valeur de leurs expressions. Quand je
parle des p99
saints auteurs, je me borne à ceux qui sont canonisez, ou dont la mémoire
est en bonne odeur dans toute l'église, et dont les écrits ont été
solennellement approuvez après beaucoup de contradictions. Je ne parle que
des saints qui ont été canonisez ou admirez de toute l'église, pour avoir
pratiqué et fait pratiquer au prochain le genre de spiritualité qui est
répandu dans tous leurs écrits. Sans doute il n'est pas permis de rejeter
de tels auteurs, ni de les accuser d'avoir innové contre la tradition. Je
veux montrer combien ces saints auteurs sont éloignez de blesser le dogme
de la foi, et de favoriser l'illusion. Je veux montrer aux mystiques que je
n'affaiblis rien de tout ce qui est autorisé par les expériences et par les
maximes de ces auteurs qui sont nos modèles. Je veux les engager par là à
me croire quand je leur ferai voir les bornes précises que ces mêmes saints
nous ont marqué, et au-delà desquelles il n'est jamais permis d'aller. Les
mystiques à qui je parle ne sont ni des fanatiques, ni des hypocrites qui
cachent sous des termes de perfection le mystère d'iniquité. à Dieu ne
plaise que j'adresse la parole de vérité à ces hommes qui ne portent point
le mystère de la foi dans une conscience pure : ils ne méritent
qu'indignation et horreur. Je parle aux mystiques simples, ingénus et
dociles. Ils doivent savoir que l'illusion a toujours suivi de prés les
voies les plus parfaites. Dés l'origine du christianisme les faux
gnostiques hommes exécrables voulurent se confondre avec les vrais
gnostiques qui étaient les contemplatifs et les plus parfaits d'entre les
chrétiens. Les béguards ont p100
imité faussement les contemplatifs de ces derniers siècles, tels que saint
Bernard, Richard et Hugues De Saint Victor. Gerson ne doit pas être suspect
aux mystiques. Bellarmin en parlant de Rusbroc que Gerson avait critiqué
remarque que les expressions des auteurs mystiques ont été souvent blâmées
sur des équivoques... etc. En effet rien n'est si difficile que de faire
bien entendre des états qui consistent en des opérations si simples, si
délicates, si abstraites des sens, et de mettre toujours en chaque endroit
tous les correctifs p101
nécessaires pour prévenir l'illusion, et pour expliquer en rigueur le dogme
théologique. Voilà ce qui a scandalisé une partie des lecteurs qui ont lu
les livres des mystiques, et qui a exposé à l'illusion plusieurs autres de
ces lecteurs. Pendant que l'Espagne était remplie dans le siècle passé de
tant de saints D'une grâce merveilleuse, les illuminez furent découverts
dans l'Andalousie, et rendirent suspects les plus grands saints. Alors
sainte Thérèse, Balthazar Alvarez et le bienheureux Jean De La Croix eurent
besoin de se justifier. Saint François De Sales n'a pas été axent de
contradiction ; et les critiques n'ont point sût connaître combien il joint
une théologie exacte et précise avec une lumière de grâce qui est très
éminente. Il a fallu une apologie au saint cardinal De Berulle. Ainsi la
paille a souvent couvert le bon grain, et les plus purs auteurs de la vie
intérieure ont eu besoin d'explication, de crainte que des expressions
prises dans un mauvais sens n'altérassent la pure doctrine. p102
Ces exemples doivent rendre les mystiques sobres et retenus surtout dans un
temps ou il est certain que les quiétistes ont abusé de diverses
expressions des saints pour établir des maximes très pernicieuses. Si les
mystiques sont humbles et dociles, ils doivent laisser aux pasteurs de
l'église non seulement la décision absolu sur la doctrine, mais encore le
choix de tous les termes dont il est à propos de se servir. Saint Paul veut
ne manger jamais de viande plutôt que de scandaliser le moindre de ses
frères pour qui Jésus-Christ est mort. Comment pourrions-nous donc être
attachez à quelque expression dés qu'elle scandalise quelque âme infirme ?
Que les mystiques lèvent donc toute équivoque, puisqu'ils apprennent qu'on
a abusé de leurs termes pour corrompre ce qu'il y a de plus saint : que
ceux qui ont parlé sans précaution D'une manière impropre et pour exagérée
s'expliquent et ne laissent rien à désirer l'édification de l'église : que
ceux qui se sont trompés pour le fonds de la doctrine ne se contentent pas
de condamner l'erreur, mais qu'ils avouent de l'avoir crue ; qu'ils rendent
gloire à Dieu ; qu'ils n'aient aucune honte d'avoir erré ce qui est le
partage naturel de l'homme ; et qu'ils confessent humblement leurs erreurs,
puisqu'elles ne seront plus leurs erreurs dés qu'elles seront humblement
confessées. C'est pour démêler le vrai d'avec le faux dans une matière si
délicate et si importante que deux grands prélats ont donné au public p103
trente-quatre propositions qui contiennent en substance toute la doctrine
des voies intérieures. Je les ai arrêtées autrefois avec eux et avec m.
L'abbé Tronson avant que je fusse dans l'épiscopat. Et je ne prétends dans
cet ouvrage qu'en expliquer les principes avec plus d'étendue. On les
trouvera à la fin de cet avertissement. Toutes les voies intérieures
tendent à l'amour pur ou désintéressé ; parce qu'elles doivent toujours
tendre vers la plus haute perfection et que cet amour pur est le plus haut
degré de la perfection chrétienne. Il est le terme de toutes les voies que
les saints ont connu. Quiconque n'admet rien au-delà est dans les bornes de
la tradition. Quiconque passe cette borne est déjà égaré. Si quelque un
doute de la vérité et de la perfection de cet amour, j'offre de lui en
montrer une tradition si claire et si constante depuis les apôtres jusqu'à
saint François De Sales qu'aucun théologien persuadé du sentiment contraire
ne pourra traiter cette doctrine de nouveauté, et je donnerai là-dessus au
public quand on le désirera un recueil de tous les passages des pères, des
docteurs de l'école, et des saints mystiques qui parlent unanimement. On
verra dans ce recueil que les anciens pères ont parlé aussi fortement que
saint François De Sales, p104
et qu'ils ont fait pour le désintéressement de l'amour les mêmes
suppositions sur le salut, dont les critiques dédaigneux se moquent tant
quand ils les trouvent dans les saints des derniers siècles. Saint Augustin
même que quelques personnes ont crû opposé à cette doctrine ne l'enseigne
pas moins que les autres. Il est vrai qu'il est capital de bien expliquer
ce pur amour, et de marquer précisément les bornes au-delà desquelles son
désintéressement ne peut jamais aller. Son désintéressement ne peut jamais
exclure
la volonté d'aimer Dieu sans bornes ni pour le degré, ni pour la durée de
l'amour ; il ne peut jamais exclure la conformité au bon plaisir de Dieu
qui veut notre salut, et qui veut que nous le voulions avec lui pour sa
gloire. Cet amour désintéressé toujours inviolablement attaché a toutes les
volontés de Dieu, et particulièrement a sa volonté écrite fait tous les
mêmes actes et exerce toutes les mêmes vertus distinctes que l'amour
intéressé, avec cette unique différence qu'il les exerce d'ordinaire D'une
manière simple, paisible, et dégagée de tout motif de propre intérêt. La
sainte indifférence si louée par saint François De Sales n'est que le
désintéressement de cet
....