2. L'Etat Général du Secteur - Documents & rapports - Banque ...

Annexe 5 Etudes et documents consultés 111 ...... L'examen des rapports trimestriels de l'ONEP et des procès verbaux des campagnes ...... S.M.B. Lahcen. 3.0.


un extrait du document



Côte d’Ivoire


Secteur de l’Energie
Améliorer la gouvernance et l’efficience dans les sous- secteurs du pétrole, du gaz et de l’électricité

Banque mondiale
Août 2011





Un rapport de base pour l’étude :

Un Agenda pour la Croissance Basée sur les Exportations et les Ressources Naturelles
















Document de la Banque mondiale 
Table des Matières


 TOC \h \z \t "Heading 1,1,Heading 2,2,Heading 3,3,Caption,1"  HYPERLINK \l "_Toc302206952" Avant Propos  PAGEREF _Toc302206952 \h iii
 HYPERLINK \l "_Toc302206953" Résumé Exécutif  PAGEREF _Toc302206953 \h iv
 HYPERLINK \l "_Toc302206954" 1. Introduction  PAGEREF _Toc302206954 \h 1
 HYPERLINK \l "_Toc302206955" 2. L’Etat Général du Secteur  PAGEREF _Toc302206955 \h 2
 HYPERLINK \l "_Toc302206956" 2.1 Le pétrole brut  PAGEREF _Toc302206956 \h 2
 HYPERLINK \l "_Toc302206957" 2.2 Le raffinage et la distribution.  PAGEREF _Toc302206957 \h 3
 HYPERLINK \l "_Toc302206958" 2.3 Le gaz naturel  PAGEREF _Toc302206958 \h 5
 HYPERLINK \l "_Toc302206959" 2.4 L’électricité  PAGEREF _Toc302206959 \h 8
 HYPERLINK \l "_Toc302206960" 3. Le Programme de Réforme  PAGEREF _Toc302206960 \h 11
 HYPERLINK \l "_Toc302206961" 4. Les Entreprises nationales: Outils de la Politique sectorielle  PAGEREF _Toc302206961 \h 15
 HYPERLINK \l "_Toc302206962" 4.1 La Société Nationale d’Opérations Pétrolières de la Côte d’Ivoire ou PETROCI  PAGEREF _Toc302206962 \h 16
 HYPERLINK \l "_Toc302206963" 4.2 Les Compagnies Ivoiriennes d’Electricité (CIE), l’ANARE, la SOGEPE et la SOPIE  PAGEREF _Toc302206963 \h 21
 HYPERLINK \l "_Toc302206964" 4.3 Les Sociétés Ivoiriennes de Raffinage (SIR), la SMB et la GESTOCI.  PAGEREF _Toc302206964 \h 25
 HYPERLINK \l "_Toc302206965" 5. Les Energies renouvelables, Biomasse, Solaire et Eolien.  PAGEREF _Toc302206965 \h 30
 HYPERLINK \l "_Toc302206966" 6. Conclusions et Recommandations  PAGEREF _Toc302206966 \h 31
 HYPERLINK \l "_Toc302206967" Annexe 1: Pétrole  PAGEREF _Toc302206967 \h 35
 HYPERLINK \l "_Toc302206968" Annexe 2: Gaz  PAGEREF _Toc302206968 \h 36





Avant Propos
1. Ce rapport fait partie de la documentation préparée pour l’étude globale intitulée « Un Agenda pour la Croissance Basé sur les Exportations et les Ressources Naturelles ». Cette étude plus étendue sur les sources de croissance a été demandée par le Ministre de l’Économie et des Finances, afin d’aider les autorités à relancer l’économie ivoirienne après 10 ans de crise. Un atelier sera organisé pour discuter l’étude globale, mais il est aussi prévu d’organiser des ateliers sectoriels pour approfondir la discussion entre tous les parties prenantes, en se servant là, des rapports sectoriels de base.
2. Ce rapport sur l’énergie, bien que destiné aux spécialistes du secteur des hydrocarbures et de l’énergie, s’adresse aussi aux décideurs politiques, à savoir le Gouvernement et le Parlement, ainsi que la Société Civile. A ces fins et bien que devant souvent utiliser le vocabulaire complexe, l’étude a délibérément été rédigée dans un langage qui rend les problèmes sectoriels et les propositions de politiques qui leurs sont associées, accessibles au plus grand nombre de lecteurs. Le rapport s’efforcera de démontrer les forces et les faiblesses du secteur, tout en proposant des solutions, simples en apparence mais souvent complexes à exécuter. Etant donné le vaste spectre de problèmes et de solutions auquel s’adresse ce rapport, l’auteur espère de ses lecteurs une revue critique certes, mais réaliste et prospective par sa contribution tant dans la forme que dans le fond, qui servira de cadre au débat élargi qui succèdera à cette proposition. Le rapport a l’ambition de contribuer à l’ouverture d’une discussion saine et constructive, entre la société Ivoirienne et ses autorités, en suggérant les pistes de développement à ouvrir et les gisements de productivité à mettre en œuvre, dans le cadre de la relance économique. Cette relance nécessitera une nouvelle forme de bonne collaboration entre le secteur public et le secteur privé, sous les auspices et l’arbitrage des Autorités. L’intention de la Banque Mondiale est de servir d’initiateur à ce débat, et si nécessaire, d’y apporter sa contribution. Ce qui importera en fin de parcours, est que la discussion aboutisse aux grandes lignes d’un programme de développement auquel adhère et que supporte la majorité des intervenants, et dont le bénéficiaire ultime devra être le peuple Ivoirien dans son ensemble.
3. Ce rapport a été préparé par Mourad Belguedj, consultant à la Division Politique, Pétrole, Gaz et Mines de la Banque mondiale, sous la direction de Philip English, économiste en chef à la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire. Nous voulons remercier les autorités pour leur excellente collaboration et le Département pour le Développement International du Gouvernement de l’Angleterre pour leur financement.






Résumé Exécutif
4. Le secteur de l’énergie a été une des plus importantes sources de croissance durant les dix dernières années. La production de pétrole a quadruplé entre 2002 et 2009, avec la mise en production du champ en eaux profondes de Baobab, pour atteindre 70 000 barils par jour. Avec le quadruplement du prix moyen du pétrole également pendant cette période, il en est résulté une augmentation substantielle des revenus d’exportation avec une augmentation plus faible mais tout de même importante des revenus de l’Etat. Les exportations de brut sont passées de 91 millions de dollars en 2002 à 1100 millions de dollars en 2009, avec une pointe de 1500 millions en 2008. Les impôts et taxes, dividendes et autres revenus ont représenté 14% des recettes de l’Etat, mais sont retombés à 5% l’année suivante.
5. La Côte d’Ivoire est un producteur et un exportateur important de produits pétroliers. Sa raffinerie (de la Société Ivoirienne de Raffinage SIR) est l’entreprise industrielle la plus importante du pays mais également de toute l’UEMOA. Ses ventes ont totalisé près de 2,8 milliards de dollars en 2010 et elle est considérée comme l’une des plus performantes de l’Afrique sub-saharienne. Elle exporte plus de la moitié de sa production vers les pays voisins y compris le Nigéria, ainsi que vers les Etats Unis. La valeur des exportations des produits raffinés a beaucoup augmenté entre 2000 et 2009, suivant les prix mondiaux, et la production a quelque peu accru grâce à des gains de productivité. La raffinerie avait été construite avant que le pétrole ne soit découvert en Côte d’Ivoire, et elle a été conçue pour traiter les bruts légers disponibles au Nigéria. La valeur ajoutée des produits raffinés est limitée au rendement des opérations de raffinage, et de ce fait, le coût du brut importé doit être déduit de la valeur des produits exportés, pour avoir une idée précise des revenus nets d’exportation. En tenant compte de la valeur du brut et des produits raffinés, les exportations ont généré un revenu net de 900 millions de dollars en 2010.
Commerce en pétrole brut et raffiné (million de dollars EU)
6. La Côte d’Ivoire est l’un des rares pays africains à utiliser abondamment son gaz naturel. Le pays produit du gaz associé à la production pétrolière et à partir de gisement proprement gaziers. La production gazière a quelque peu augmenté lors de la mise en opération du champ de Baobab, et bien que le gaz ne soit pas exporté, il joue un rôle majeur dans la production d’électricité et sert à alimenter le secteur industriel. Toutes les centrales thermiques utilisent maintenant le gaz naturel et la plupart des entreprises industrielles ont été converties du fuel et du diesel au gaz naturel. Ceci devrait constituer un avantage certain pour l’économie Ivoirienne car l’énergie issue du gaz est plus efficace que celle du pétrole dans ces secteurs, sa production est moins coûteuse, modulable et plus facile à accroître, tout en étant moins nocive pour l’environnement. Cela dépend cependant de la garantie de disponibilité et de proximité du gaz, car il est très coûteux à importer, autrement que par gazoduc.
7. L’électricité est l’autre composant majeur du secteur de l’énergie Ivoirien. Traditionnellement, le pays a été un exportateur important d’électricité vers le Ghana, le Burkina Faso, le Togo et le Bénin. A l’origine, il s’agissait surtout de l’excédent de la capacité hydraulique mais depuis les années 90, la capacité thermique a commencé à jouer un rôle de plus en plus important et représente maintenant, plus de la moitié du parc et les deux tiers de l’énergie produite. Les revenus d’exportations d’électricité se situaient autour de 100 millions de dollars en 2002, mais sont tombés à 32 millions en 2009, en raison de l’augmentation de la demande intérieure, mais aussi à cause du manque d’investissements dans l’entretien ou dans de nouvelles unités de production. En fait, en début 2010, le pays a connu ses premiers grands délestages tournants, obligeant le gouvernement à louer à grand frais, des groupes électrogènes industriels alimentés au diesel. Ceci a directement contribué à la chute estimée du PIB interne à 3% en 2010, alors qu’il était de 3,8% l’année précédente.
Potentiel et problèmes identifiés
8. Tous les composants du secteur de l’énergie ont un potentiel de croissance qui pourrait devenir un moteur important de l’économie nationale dans les années à venir. Les secteurs du pétrole et du gaz naturel son particulièrement prometteurs, à la lumière des récentes découvertes d’hydrocarbures et à l’exploitation, dans les eaux territoriales du Ghana adjacentes à la Côte d’Ivoire, de gisements qui sont plus importants que n’importe quel champ Ivoirien existant. Il y a également eu des découvertes en Sierra Leone et des indices très prometteurs ont été identifiés au Libéria voisin. Etant donné le peu d’exploration récente dans les eaux territoriales Ivoiriennes surtout en eaux profondes, au-delà du plateau continental, il est fort probable d’y découvrir également des hydrocarbures. Par ailleurs, la présence de compagnies d’exploration dans la sous région devrait permettre de les attirer en Côte d’Ivoire, puisque cela réduirait les coûts éminemment élevés de mobilisation de leurs navires et de leur personnel. Avec une plus grande disponibilité de gaz, la capacité de production d’électricité thermique pourrait s’accroître relativement vite. Si on y ajoutait les options hydroélectriques non encore réalisées, la Côte d’Ivoire devrait pouvoir recouvrer son rôle d’exportateur majeur d’électricité. Le Ministère des Mines et de l’Energie prévoit en effet d’augmenter la valeur de ces exportations à 150 millions de dollars d’ici 2015. Le potentiel de croissance de la capacité de raffinage est peut être plus modeste mais n’est pas hors de portée, étant donné la bonne qualité de la capacité de raffinage installée de la SIR et de ses unités annexes, ainsi que l’augmentation très probable de la demande régionale en produits raffinés.
9. Les secteurs du pétrole et du gaz sont cependant confrontés à de sérieux défis auxquels il faut s’attaquer rapidement. L’exploration a été quelque peu négligée récemment et les réserves existantes sont en voie d’épuisement. Au rythme actuel de production, les réserves en place ne dureront que cinq ans pour le gaz et six ans pour le pétrole. L’exploration en eaux très profondes qui offre le plus d’espoir de découvertes, peut prendre entre cinq et dix ans pour devenir commercialement exploitable, surtout pour ce qui est du gaz non-associé, qui nécessite des investissements spécifiques pour son traitement et son transport vers les marchés de consommation. Par ailleurs, l’alternative d’importer du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) étant très coûteuse, elle se traduirait par des coûts supplémentaires pour tous les utilisateurs, avec ce que cela implique pour la compétitivité du gaz, affectant d’autant et entre autres, les exportations d’électricité.
10. La SIR reste viable mais fragile. La situation financière de la raffinerie reste précaire, en raison de l’hésitation du gouvernement à répercuter régulièrement les augmentations du coût des intrants sur les prix à la consommation, ainsi que de finir d’honorer le reliquat de sa dette vis-à vis de l’entreprise. C’est aussi l’une des premières entreprises à s’être convertie au gaz naturel et elle en est donc devenue dépendante, en contrepartie d’une production accrue de Gaz de Pétrole Liquéfié (Butane) pour le marché local. Son souci le plus urgent cependant reste sa compétitivité dans la sous-région. Les plus grandes raffineries d’outre-mer ont généralement un surplus de capacité disponible et réduisent leur prix, pour conquérir agressivement de nouvelles parts de marché de produits raffiné en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, il est fort probable que les raffineries du Ghana et du Nigéria soient modernisée et elles y gagneront en sus, l’avantage de l’accès à un moindre coût, à leurs bruts locaux.
11. Les plus grands défis restent cependant ceux du secteur de l’électricité. Ce secteur a beaucoup souffert des plusieurs année de négligence, auxquelles sont venus s’ajouter une situation politique qui a découragé les nouveaux investisseurs, alors que les opérateurs en place et le gouvernement n’ont pas pu mobiliser les ressources nécessaires, pour entretenir l’infrastructure existante. Cet état de choses est dû à une combinaison de plusieurs facteurs incluant notamment le prix élevé du gaz, résultant de contrat léonin en faveurs d’un opérateur privé, les faibles tarifs électriques appliqués aux consommateurs du secteur résidentiel et commercial, l’obligation d’assurer la continuité du service, y compris dans le Nord du pays où la facturation et le recouvrement ne suivaient pas, alors que les raccordements illégaux se multipliaient partout, y compris à Abidjan. Les pertes techniques et commerciales ont atteint les 24% des revenus, alors que la norme tolérable dans l’industrie ne dépasse pas 5%. Le secteur est de ce fait confronté à des déficits croissants qui deviennent un poids énorme pour le budget de l’Etat. En 2010, les subventions de l’état au secteur auraient dépassé les 200 millions de dollars. Faute d’une attention immédiate des autorités, les exportations vont se tarir et l’industrie locale souffrira de plus en plus de pénuries, qui la forceront à vouloir produire sa propre énergie, à des prix bien plus élevés.
Perspectives Futures
12. La Côte d’Ivoire devrait être une destination de choix pour les investisseurs étrangers dans les hydrocarbures, vu son parcours remarquable en terme de production, l’impressionnant périmètre de territoire non exploré adjacent aux sites productifs, un marché du gaz maintenant établi, un partenaire local crédible PETROCI, la compagnie nationale des hydrocarbures et une raffinerie performante, la SIR capable de faire aussi du « processing » à la demande. Aussitôt que la crise de 2011 sera terminée, les autorités devront activement s’engager dans la promotion du bassin sédimentaire, avec pour cibles les grandes compagnies pétrolières internationales, qui sont en général les plus à même de développer les réserves situées en eaux profondes. Les autorités devront également renforcer le cadre institutionnel afin d’en clarifier les contours, les rôles et les responsabilités de chacun des acteurs, pour prioriser et promouvoir la croissance et s’assurer que l’Etat va pouvoir récupérer une partie substantielle de la rente pétrolière et gazière, améliorer la gouvernance et la transparence et enfin protéger l’environnement.
13. Les premières décisions dans ce sens, seront l’approbation du Nouveau Code des Hydrocarbures, la préparation d’un nouveau modèle de Contrat de Partage de Production et un Contrat-Plan pour la PETROCI. Ce travail était bien avancé en 2010, mais il est resté en suspens du fait de la crise. L’un des objectifs recherchés serait de pousser PETROCI à être plus proactive dans sa démarche, rendant ses objectifs beaucoup plus clairs et en créant un système incitatif, liant directement ses résultats à sa performance. Par là-même, le Ministère des Mines et de l’Energie recouvrirait un pouvoir de régulation plus affirmé. Pour ce faire et améliorer leur efficacité et leur performance, les deux institutions auront besoin d’un effort de formation pointu, notamment pour ce qui est de la supervision opérationnelle des compagnies pétrolières internationales. Il serait important que PETROCI par exemple, comprenne mieux la structure des coûts de production du brut et du gaz, pour mieux protéger ses intérêts et ceux de l’état. A l’heure actuelle, sa part du brut exporté ainsi que celle de l’état, sont le reliquat des revenus, une fois que tous les coûts de production ont été déduits par les opérateurs, souvent sans audit. De façon similaire, le Ministère doit pouvoir disposer d’instruments appropriés, pour prévoir et évaluer, aussi bien le potentiel de production à venir ainsi que les résultats financiers y afférant. Les compagnies pétrolières internationales devraient contribuer à la reconstitution des capacités humaines à PETROCI, comme elles le font pour la Compagnie Pétrolière du Ghana ou au Liberia par exemple. Cet effort n’a pas été requis d’elles jusqu’à présent en Côte d’Ivoire.
14. Une attention particulière doit être accordée à la formule de partage des revenus qui sera adoptée. Comme l’industrie pétrolière et gazière ne génère pas beaucoup d’emplois directs, sa contribution principale à l’économie locale, se concrétise par la génération de flux financiers au budget de l’état. Cependant les risques pour le secteur privé ne sont pas négligeables et le pays a besoin de leurs investissements et leur expertise technique. Les compagnies pétrolières apportent aussi une information actualisée et un savoir faire utile. Le gouvernement a retenu les leçons de contrats de gaz qui ont été mal conçus, et par lesquels il s’engageait à acheter le gaz à un prix indexé sur celui du prix international pétrole, sans protection aucune. En même temps, il s’engageait à fournir le gaz aux opérateurs privés des centrales thermiques pour promouvoir leurs investissements. Avec l’augmentation rapide des prix du pétrole, l’état s’est retrouvé face au choix d’avoir à augmenter, soit les tarifs d’électricité, soit d’en subventionner la production. C’est ainsi qu’une ressource naturelle nationale qui devait générer une rente minière a au contraire nécessité d’être subventionnée. Le Gouvernement devra s’adjoindre les services d’un conseil de haut niveau en la matière, pour s’assurer que les futurs contrat de pétrole ou de gaz soient structurés de façon telle, qu’ils assurent une répartition équitable des risques et des bénéfices entre les parties, durant toute leur durée de vie.
15. Un niveau élevé de recettes publiques doit correspondre à un niveau similaire de transparence, si la société dans son ensemble doit en bénéficier. Les exemples de mauvaise utilisation des ressources publiques rentière abondent malheureusement, et ont abouti au concept de la soi-disant «malédiction des ressources». Bien des pays développés ont tiré des revenus considérables de leurs ressources minières (Canada, Norvège), tout comme certains pays en développement ou émergeants (notamment le Chili et le Botswana). Là où les institutions et la gouvernance sont faibles, les résultats sont souvent négatifs. Paul Collier a conclu dans une étude sur le sujet, que « La malédiction des ressources frappait surtout les pays à faible gouvernance ». A la lumière des résultats des dix dernières années, on pourrait légitimement se demander quelles seraient toutes les possibilités d’utilisation effective de la rente dérivée des ressources naturelles. Il est de ce fait essentiel que les premières mesures prises pour l’adhésion à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), soient poursuivies pour que tous les concernés soient rassurés que les taxes, dividendes, et autres redevances déboursées par le secteur privé, figurent effectivement au budget de l’Etat. Il faudra en outre que la véracité dans l’exécution de ce budget, soit renforcée par la poursuite des mesures telles que la publication en temps réel des rapports trimestriels d’exécution et d’audits par la Cour des Comptes, sous une supervision Parlementaire effective.
16. Le pays aura aussi besoin de rechercher des sources alternatives d’approvisionnement en gaz. Etant donné la forte dépendance du secteur électrique et industriel sur le gaz naturel, le pays doit se préparer à l’éventualité que de nouvelles ressources gazières ne soient pas disponibles à temps pour remplacer les réserves actuelles, lorsqu’elles arriveront à épuisement. Le Ghana fort heureusement est devenu producteur de gaz, et la possibilité de prolongation du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO) jusqu’en Côte d’Ivoire n’est pas à exclure. Comme le Ghana a déjà des engagements à long terme d’achat de gaz du Nigéria, il se retrouve de ce fait avec un excédent de gaz-associés à la production pétrolière et qu’il doit vendre. L’accès au GAO ouvrirait la possibilité d’acheter du gaz au Nigéria ou au Ghana, ce qui donnerait à la Côte d’Ivoire une position de négociation plus renforcée vis-à-vis de ces deux exportateurs, tout en asseyant d’autant, sa position de négociation vis-à-vis de ses propres producteurs de gaz privés.
17. Un audit et la stratégie qui en découle définissent les prochaines étapes pour la SIR. La société devra optimiser sa capacité de production pour l’aligner sur la demande locale et régionale, se mettre à niveau des standards environnementaux de plus en plus contraignants, poursuivre ses économies d’énergie et continuer d’améliorer sa productivité. Elle devra augmenter sa capacité d’hydrocracking afin de maximiser ses rendements en essence, gasoil et kérosène qui sont et deviendront de plus en plus demandés, au détriment des fuels lourds. Elle devra également se mettre à niveau, pour ce qui est des équipements de désulfurisation, si elle espère atteindre et se conformer aux normes admises en la matière sur le plan international. Ceci lui permettra de conserver son marché Nord Américain mais aussi d’être au niveau normatif du marché de la sous-région. D’autres investissements seront nécessaires à sa filiale SMB, pour augmenter sa production de bitumes industriels et produire les soutes maritimes à basse teneur en soufre, pour les besoins du marché de transport maritime de la sous-région.
18. Les investissements nécessaires ont été estimés à un milliard de dollars sur dix ans. Certains pourront être mobilisés sur fonds propres, avec des gains de productivité supplémentaires, y compris la réduction de sa masse salariale par le biais des départs à la retraite, conséquents à la poursuite de l’automatisation de ses équipements. Le paiement de ses arriérés par l’Etat améliorera les résultats de cet effort commun, qui nécessitera probablement une augmentation de la taxation sur les produits pétroliers. La formule des prix appliquée aux produits pétroliers prévoyait toujours un coefficient k, destiné à générer des revenus supplémentaires pour financer les investissements lourds de la raffinerie, coefficient qui a progressivement été réduit à zéro au fil des 15 dernières années. Il serait temps de le réinstaurer temporairement, pour permettre à la SIR de financer les investissements de modernisation nécessaires à sa pérennité. L’état devra néanmoins s’assurer que le mécanisme d’ajustement des prix est aussi respecté, pour permettre de répercuter lentement mais sûrement, les coûts plus élevés aux consommateurs, qu’il faudra aussi informer régulièrement de ces ajustements. Ceci nécessitera une campagne continue d’éducation et de communication avec le grand public pour surmonter les réticences qui peuvent autrement, être socialement et politiquement déstabilisatrices.
19. Un audit a défini en 2009, les voies et moyens de sauvegarder le secteur de l’électricité. Il est évident que le gouvernement et le secteur privé devront faire d’urgence, les investissements nécessaires pour permettre la remise à niveau de ce secteur et augmenter sa capacité de production. Certaines mesures à court terme son disponibles, telle que l’utilisation du cycle combiné par la récupération de chaleur dans les unités existantes et produire plus d’électricité, sans consommation supplémentaire de gaz naturel. Des institutions comme la Société Financière Internationale SFI, étaient prêts en 2010 à investir dans le secteur, mais ont hésité à s’engager en raison de sa situation financière, aggravée par l’incertitude politique du moment. La récente rationalisation des institutions devrait l’aider à aller de l’avant. L’ancienne compagnie de distribution d’électricité, EECI a finalement été dissoute et son patrimoine a été transféré à la Société de Gestion du Patrimoine du secteur de l’électricité, SOGEPE. Ceci devrait lui permettre mobiliser les capitaux nécessaires, mais elle devra le faire de façon plus volontariste pour espérer aboutir à des résultats probants.
20. Le cadre institutionnel et règlementaire nécessite plus de réformes pour un meilleur partage des risques et promouvoir l’efficience. Le cadre actuel a été conçu pour attirer les investisseurs en minimisant leurs risques et il y a réussit. L’état garanti un approvisionnement en gaz aux producteurs indépendants d’électricité, en achetant tout le gaz aux opérateurs à des prix attractifs. Il achète ensuite toute l’électricité produit pour sa revente par la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE). L’état à dû, de ce fait, assumer la majorité des risques, ce qui ôté toute propension au secteur privé, d’avoir à réduire ses coûts et à améliorer sa productivité. La crise de 2011 à malheureusement crée un nouveau genre de risque pour le secteur privé, qui rendra plus difficile toute tentative par l’état, de renégocier le cadre règlementaire dans l’immédiat, mais cela peut déjà se faire, pour figurer dans les futurs contrats.
21. La transparence et le manque de compétition font également défaut dans le secteur privé. Il n’y a qu’un nombre très limité d’opérateurs privés et tous sont intégrés verticalement dans au moins deux étapes de la chaîne de valorisation: (production de gaz, génération d’électricité et distribution) y compris dans la gestion des flux financiers. Cet état de choses a découragé toute velléité de compétition, tout en ne permettant pas à l’état d’avoir une idée claire de la structure des coûts. Bien qu’il soit difficile d’apporter des changements à court terme dans la structure du secteur privé, un effort devrait être fait pour y attirer d’autres partenaires intéressés par des investissements, dans les nouveaux champs gaziers et dans les centrales thermiques. De plus, l’Autorité Nationale de Régulation du Secteur de l’électricité, ANARE qui existe sur papier depuis 1994, devrait finalement passer à la phase opérationnelle, rester indépendante et s’impliquer a fond dans sa mission, ce qui va demander