CHARTE POUR LA CONCEPTION ET LA CORRECTION DE L ...

Baccalauréat Professionnel ? Documents ressources 2010 ? Charte des examinateurs et annales zéro - 1 ... d'apprentissage habilités qui auront choisi de se présenter à l'examen, l'épreuve de français, ..... Éditions Le Livre de Poche, 2001.


un extrait du document



DiplÔme intermÉdiaire du BEP
Charte pour l’Épreuve de français


La charte proposée ci-dessous est née des échanges menés lors des réunions interacadémiques de janvier – mars 2010. Elle engage moralement les enseignants, les concepteurs de sujets, et les examinateurs.


Cadres de la rÉflexion

Texte de référence : B.O.E.N n°31 du 27 août 2009

A - Français, histoire - géographie et éducation civique : Coefficient 6

1 - Objectifs de l'épreuve :
La partie de l'épreuve portant sur le français permet de vérifier, à l'issue de la première professionnelle, l'acquisition des trois compétences citées dans le programme d'enseignement du français pour les classes préparatoires au baccalauréat professionnel :
- Entrer dans l'échange écrit : lire, analyser, écrire
- Devenir un lecteur compétent et critique
- Confronter des savoirs et des valeurs pour construire son identité culturelle.
La partie de l'épreuve portant sur l'histoire - géographie - éducation civique vise à apprécier le niveau des connaissances et capacités acquises par le candidat au cours de la première professionnelle dans les sujets d'étude choisis parmi ceux prévus par le programme d'enseignement de l'histoire - géographie - éducation civique.

2 - Modes d'évaluation

a) Épreuve ponctuelle écrite (notée sur 20) - 3 heures

Rappel article 3 : « Pour les candidats sous statut scolaire dans un établissement public local d'enseignement ou dans un établissement privé sous contrat qui sont engagés dans le cycle conduisant à un baccalauréat professionnel et pour les jeunes en formation en vue de préparer un baccalauréat professionnel par la voie de l'apprentissage dans des centres de formation d'apprentis ou des sections d'apprentissage habilités qui auront choisi de se présenter à l'examen, l'épreuve de français, histoire-géographie et éducation civique est évaluée par contrôle ponctuel. Les autres épreuves sont évaluées par contrôle en cours de formation (C.C.F.).

Pour les candidats qui sont engagés dans le cycle conduisant au baccalauréat professionnel dans le cadre de l'enseignement à distance ou dans un établissement privé hors contrat, pour ceux qui sont en formation en vue de préparer un baccalauréat professionnel par la voie de l'apprentissage dans des centres de formation d'apprentis ou des sections d'apprentissage non habilités, pour ceux qui ont préparé le diplôme par la voie de la formation professionnelle continue dans un établissement privé et pour les candidats majeurs ne justifiant pas avoir suivi une formation, l'ensemble des épreuves générales est évalué par contrôle ponctuel.

Les deux parties de l'épreuve (français et histoire - géographie - éducation civique) sont évaluées à part égale, sur 10 points.

- Première partie : français (1 heure 30)
À partir d'un texte littéraire et/ou d'un document, le candidat répond, par écrit, à des questions de vocabulaire et de compréhension. Il rédige ensuite un texte qui peut être une écriture à contraintes (suite de texte, récit, portrait, écriture à la manière de) ou une écriture argumentative (vingt à vingt-cinq lignes).
- Deuxième partie : histoire - géographie - éducation civique (1 heure 30)

b) Contrôle en cours de formation (noté sur 20)

Rappel  article 3 : «  Pour les candidats ayant préparé le diplôme par la voie de la formation professionnelle continue dans un établissement public, l'ensemble des épreuves générales est évalué par contrôle en cours de formation. »

Les situations d'évaluation de français sont notées sur 10 et celles d'histoire - géographie - éducation civique également sur 10.

Français :
Les deux situations d'évaluation prennent place à deux moments distincts du cursus de formation. Elles sont référées à des objets d'étude inscrits au programme des classes de baccalauréat professionnel.

- Situation 1 : Lecture - 50 minutes
À la fin d'une séquence, pendant laquelle une œuvre ou un groupement de textes ont été étudiés, le professeur propose un support nouveau (texte ou document iconographique) qui peut être pris dans l'œuvre étudiée, qui peut être pris dans ce qui précède ou ce qui suit un extrait étudié dans le groupement de textes, qui peut être un texte ou document iconographique nouveau en lien avec la séquence dans laquelle s'insère l'évaluation.
Le candidat répond par écrit à trois consignes de travail. Il dispose de l'ensemble de ses documents (les textes lus, l'œuvre, ses notes de cours, des enrichissements de son choix, des travaux personnels ).
Deux consignes de travail visent à vérifier la capacité du candidat à construire le sens du texte :
. compréhension du sens explicite d'un élément du texte : la question porte sur le lexique, un fait de langue, un effet d'écriture . ;
. interprétation: la question porte sur un élément du texte ou sur l'ensemble du texte en rapport avec le champ littéraire inscrit au programme de l'objet d'étude.
Une troisième consigne de travail invite le candidat à choisir, dans l'oeuvre ou dans le groupement de textes étudiés, un texte ou un document iconographique qui lui a particulièrement plu, ou qui l'a particulièrement frappé, et à expliquer son choix en une dizaine de lignes.
Le candidat dispose d'une fiche, élaborée par le professeur, précisant les critères d'évaluation : connaissances relevant du champ littéraire et du champ linguistique et capacités de lecture définies par le référentiel de certification.

- Situation 2 - Écriture - 50 minutes
À la fin d'une séquence pendant laquelle une œuvre ou un groupement de textes ont été étudiés, le professeur propose une consigne qui peut être :
. soit une contrainte d'écriture prenant appui sur un des supports étudiés pendant la séquence,
. soit une question engageant une écriture argumentative en rapport avec la séquence.
Le candidat rédige un texte de trente à quarante lignes. Il dispose de l'ensemble de ses documents (les textes lus, l'œuvre, ses notes de cours, des enrichissements de son choix, des travaux personnels ).

Définition générale des sujets

Le sujet proposé aux candidats de l’examen ponctuel vise à permettre la validation d’un diplôme de niveau V. Cette validation se situe, dans le cursus de formation, deux ans après la validation du Socle commun, et marque donc, par rapport au Socle et au niveau de fin de troisième, une augmentation des exigences.

Le sujet proposé aux candidats est explicitement référé à un objet d’étude de la classe de Première. Il s'inscrit dans la définition du B.O. : À partir d'un texte littéraire et/ou d'un document, le candidat répond, par écrit, à des questions de vocabulaire et de compréhension. Il rédige ensuite un texte qui peut être une écriture à contraintes (suite de texte, récit, portrait, écriture à la manière de) ou une écriture argumentative (vingt à vingt-cinq lignes).

Les questions posées permettent d'évaluer les compétences à « entrer dans l'échange écrit : lire, analyser, écrire » et « devenir un lecteur compétent et critique » en s'appuyant sur les connaissances, capacités et attitudes du programme.

Le barème est établi sur 20 points : la note est ramenée sur 10 (en arrondissant au demi point supérieur) au moment de la saisie.

Le questionnement se subdivise en deux parties notées chacune sur dix points : « Évaluation des compétences de lecture », « Évaluation des compétences d'écriture ».

Les exemples de sujets, proposés ci-dessous (dans la partie « Annales zéro »), comme les sujets qui seront proposés dans les premières sessions de l’examen, ne se substituent pas au programme de la classe de Première dans la réflexion des professeurs sur leur progression annuelle. Les finalités et les contenus de la formation, définis pour la classe de Première, demeurent la référence des enseignants ; ils fixent le niveau à atteindre en fin de Première, afin que leurs élèves abordent sans difficulté la classe de Terminale. Les programmes invitent, en particulier, les professeurs à croiser à l’occasion plusieurs objets d’étude dans une même séquence, pour développer les capacités de réflexion et de synthèse des élèves ; même si le sujet proposé lors de l’examen du diplôme intermédiaire du BEP est référé à un seul objet d’étude, il ne faudrait pas que les enseignants abandonnent le croisement de plusieurs objets d’étude dans le cadre de la formation.


2- Charte des concepteurs pour l’Élaboration des sujets

Le sujet s'appuie sur un texte littéraire (d’une quarantaine de lignes maximum) ou sur un texte littéraire et un document (iconographique ou textuel).

Les textes peuvent être des traductions.

Les références des textes et documents doivent être rigoureusement indiquées : nom et prénom de l'auteur, titre de l'œuvre, année de première publication, éditeur, traducteur (le cas échéant).

Les textes et les documents peuvent être accompagnés d'un bref paratexte typographiquement distinct.

Les textes comportent au maximum deux coupes qui ne trahissent pas l'esprit des supports.

Les champs littéraires indiqués en regard des objets d’étude dans le programme de Première ne constituent pas le cadre exclusif dans lequel le ou les textes et documents supports sont choisis.
Ainsi, un sujet référé à l’objet d’étude « Du côté de l’imaginaire » peut prendre appui sur des textes ou des documents n’appartenant pas au mouvement surréaliste ni au registre fantastique.
Ainsi, un sujet référé à l'objet d'étude « Les philosophes des Lumières et le combat contre l'injustice » ne s’appuie pas nécessairement sur un texte du XVIII° siècle. Il est possible de proposer un texte du XVIII° siècle pourvu qu'il soit mis en relation avec un texte ou un document contemporain qui l'éclaire ; dans ce cas, le texte ou le document contemporain est présenté en premier dans le sujet, le texte du XVIII° siècle en second. Le parcours de lecture du candidat est ainsi ménagé.

Évaluation des compétences de lecture

Le nombre des questions est inférieur ou égal à 4. Il n’y a pas de subdivision en sous questions.

Les questions visent à évaluer la construction du sens : elles ne se limitent pas à des repérages mécaniques, à des relevés sans explication, elles n’invitent pas à la récitation de connaissances.

Les questions sont graduées en fonction d’un parcours de lecture. Une question vise à s'assurer de la compréhension globale du ou des supports ; une question au moins appelle un développement mobilisant plusieurs outils d'analyse. Les exemples données ci-dessous (partie « Annales zéro ») proposent différents parcours de lecture.

Les questions de lecture s'appuient sur les connaissances liées aux objets d'étude de Première (et, si nécessaire, à celles liées aux objets d'étude de Seconde qui relèvent du champ linguistique).

Le libellé des questions peut s'appuyer sur des termes « techniques » qui figurent dans les programmes de seconde et de première.

Les questions de lexique n’invitent pas à remplacer un mot par un synonyme, à réemployer un mot dans une phrase en lui donnant un autre sens, à choisir dans un QCM entre plusieurs significations. Les questions de lexique, comme toutes les autres, contribuent à la construction du sens du texte.

Les capacités visées dans les questions de lexique sont celles de la lecture analytique : relever et expliquer.

Une question du type « En vous appuyant sur le point de vue et le lexique vous expliquerez que … » invite le candidat à :
repérer un lexique (relire le texte),
le nommer (par exemple, lexique de la peur),
illustrer son propos par des exemples pris dans le texte,
expliquer l’effet produit (par exemple, « le lexique de la peur, présent dans tout le texte, montre que le personnage ne parvient pas à la surmonter au cours de la scène » ; par exemple, « le lexique de la peur fait partager au lecteur l’angoisse ressentie par le personnage » ; par exemple, « le lexique de la peur accentue l’effet de suspens » …).

Une question du type « En vous appuyant sur le lexique vous montrerez qu'il s'agit d'un texte scientifique » invite le candidat à :
repérer le lexique du raisonnement (mobilisation des connaissances acquises dans l’année à propos de l’objet d’étude « L’homme face aux avancées scientifiques et techniques : enthousiasmes et interrogations »).
repérer les termes et expressions organisant un discours scientifique (argumentation, démonstration).
repérer le lexique scientifique.

Les questions pourront faire appel aux termes du programme : fantastique, enthousiasme, juste, intolérable, etc.

En conclusion, les élèves seront formés tout au long de l’année à répondre à ces questions qui supposent de relire le texte et de réfléchir. En particulier, ils sauront qu’une réponse courte à rédiger peut s’appuyer sur un travail de relecture et de réflexion long. Ils seront formés à considérer le barème indiqué comme l’indicateur de la difficulté de la question et du travail qu’on attend d’eux.

Évaluation des compétences d'écriture

La consigne d'écriture est liée à l'objet d'étude précisé en tête du sujet.

Le libellé du sujet ne peut simplement reprendre à l'identique une des interrogations apparaissant dans le programme pour guider l'approche des objets d'étude.

Le libellé du sujet n'impose pas une situation de communication précise. Il reste cependant possible d’en proposer une.

Afin d'aider le candidat à produire le texte attendu, le libellé de sujet propose une guidance : suggestion d’un plan pour l'écriture argumentative, suggestion d’étapes pour l'écriture à contraintes.

La longueur du texte attendu - vingt à vingt-cinq lignes - est précisée.


3- Charte des examinateurs pour la correction des copies


Lecture

La notation s'inscrit dans une logique d'évaluation binaire (acquis / non acquis). L’évaluation vise à répondre à la question : le candidat a-t-il la compétence de lire un texte ou un document ?

Dans la notation traditionnelle, les examinateurs se sont habitués à attribuer, par exemple, la moitié des points prévus par le barème au travail de relevé, et la moitié des points au travail d’explication. L’épreuve du diplôme intermédiaire du BEP, deux années après la validation du Socle, ne peut pas valider la simple activité de relevé. C’est la compétence « lire » qui est validée.
Ainsi, un simple relevé sans explication n'équivaut pas à la moitié des points.
Une interprétation pertinente s'appuyant sur un relevé incomplet peut obtenir la totalité des points.

Dans cette logique, les corrigés des questions de lecture proposent des réponses rédigées les plus exhaustives possibles sans indication de subdivision de points (par exemple 0,5 pour le relevé du champ lexical, 0,5 pour l'interprétation) : le correcteur évalue la pertinence de l'ensemble de la réponse : compréhension globale, explication globale.

En conclusion, les élèves sont formés au cours de l’année à ce travail d’ensemble (relevé et explication) et sont avertis de l’inutilité « d’aller à la pêche aux points ».

Rappel de l’évaluation de la compétence « Lire » dans le livret d’évaluation du Socle :

Lire à haute voix, de façon expressive, un texte en prose ou en vers
Analyser les éléments grammaticaux d’une phrase afin d’en éclairer le sens
Dégager l’idée essentielle d’un texte lu ou entendu
Manifester sa compréhension de textes variés, qu’ils soient documentaires ou littéraires
Comprendre un énoncé, une consigne
Lire des œuvres littéraires intégrales, notamment classiques, et rendre compte de sa lecture

Écriture

La notation du texte produit s'appuie elle aussi sur des critères globaux de réussite validés en trois grandes entrées :
invention et/ou argumentation (4 points)
expression (3 points)
organisation (3 points)

Pour guider le correcteur, des items attendus pour chaque grande entrée sont précisés mais ces items ne donnent lieu à aucune attribution mécanique de points.

Par exemple, dans le sujet proposé ci-dessous en n° 1, l’item « le vœu inventé répond à la consigne » est un item permettant d'évaluer l'invention du texte produit. Il n'équivaut en aucun cas à 1 point sur 4 points . Il entre dans les critères à partir desquels le correcteur va globalement évaluer (sur 4 points) la qualité d'invention du texte produit.

Évaluation de la maîtrise de la langue : pour éviter la « double peine », le candidat n’est pas pénalisé pour la qualité de l’expression dans la partie « Lecture ». Dans cette partie, il est évalué sur sa compétence à lire. L’expression est évaluée une seule fois, comme participant à la compétence « écrire », sur 3 points.


4- Annales zéro



Présentation des exemples proposés



Objet d’étudeType de support(s)Écriture attendue
Exemple n° 1Du côté de l’imaginairetexte de fiction
et document photographique écriture d’un conte
Exemple n° 2L'homme face aux avancées scientifiques et techniques : enthousiasmes et interrogationtexte de fiction
et essaiécriture d'un récit de science - fictionExemple n° 3Les philosophes des Lumières et le combat contre l'injusticeessai
et discoursécriture d’une lettreExemple n° 4Du côté de l’imaginairetexte de presse écriture d’un article critiqueExemple n° 5Les philosophes des Lumières et le combat contre l'injusticetexte de presse, même support que dans l’exemple 4écriture d’un plaidoyerExemple n° 6L'homme face aux avancées scientifiques et techniques : enthousiasmes et interrogationtexte de presse écriture d’un article de blog
Exemple n° 1 - Objet d'étude : Du côté de l'imaginaire

Texte 1

Dorian Gray est un jeune et riche héritier dont la compagnie est très recherchée dans la société bourgeoise londonienne du XIXe siècle. Le peintre Basil Hallward, fasciné par la très grande beauté du jeune homme, en a fait le portrait.

Comme il tournait la poignée de la porte, son regard tomba sur le portrait que Basil Hallward avait peint de lui. Il eut, comme étonné, un mouvement de recul. Puis il entra dans sa chambre, semblant toujours perplexe. Ayant retiré la fleur de sa boutonnière, il sembla hésiter. Enfin il retourna examiner le tableau. Dans la lumière terne, atténuée, qui arrivait à filtrer à travers les persiennes de soie de couleur crème, le visage lui parut un peu modifié. L’expression paraissait différente. On eût cru qu’il y avait une ombre de cruauté dans la bouche. Eh oui, c’était bizarre.

Il fit volte-face, alla à la fenêtre et ouvrit la persienne. L’aube claire envahit la pièce, balaya les ombres fantastiques, les repoussant dans les coins ombreux où elles s’entassèrent en tremblant. Mais l’expression étrange qu’il avait remarquée sur le visage du portrait y demeura et sembla même s’intensifier. Le soleil qui palpitait et ardait1 lui montra les rides de cruauté qui entouraient la bouche aussi clairement que s’il s’était regardé dans un miroir après avoir fait quelque chose d’affreux.

Il tressaillit, et prenant sur la table une glace ovale encadrée de cupidons2 d’ivoire, un des nombreux cadeaux que Lord Henry lui avait faits, il en scruta à la hâte les profondeurs polies. Aucune ride de ce genre ne déformait ses lèvres rouges. Qu’est-ce que cela signifiait ?

Il se frotta les yeux, vint tout près du tableau et l’examina de nouveau. On ne voyait aucun changement dans la peinture elle-même, et pourtant l’expression en avait été indubitablement3 altérée4. Ce n’était pas lui qui imaginait des choses. C’était terrible à voir.

Il se jeta dans un fauteuil et médita. Soudain, ce qu’il avait dit dans l’atelier de Basil Hallward le jour où le tableau avait été achevé lui revint à l’esprit. Oui, il s’en souvenait parfaitement. Il avait exprimé un souhait insensé : que lui-même restât jeune tandis que le portrait vieillirait ; que sa propre beauté demeurât sans tache, tandis que le visage sur la toile payerait le prix de ses passions et de ses péchés ; que l’image peinte fût marquée au fer de la souffrance et de la pensée, tandis que lui garderait la délicate efflorescence5 et la joliesse de la juvénilité6 dont il venait de prendre conscience. Ce n’était tout de même pas son souhait qui avait été réalisé ? De telles choses n’arrivent pas. Ne fût-ce qu’y penser semblait monstrueux. Et pourtant le tableau était là, devant lui, avec cette touche cruelle dans la bouche.
Oscar WILDE, Le portrait de Dorian Gray, 1890.
Éditions Le Livre de Poche, 2001. Traduit de l'anglais par Vladimir Volkoff.

1. Ardait : brûlait.
2. Cupidons : sculptures de Cupidon, dieu de l'amour dans la mythologie romaine ; connu pour être jeune et beau.
3. Indubitablement : qui ne fait pas de doute.
4. Altérée : modifiée.
5. Efflorescence : épanouissement.
6. Juvénilité : jeunesse.

Document 2



Man RAY, Autoportrait, vers 1925

Man Ray (1890-1976) est un artiste américain : photographe et peintre, il rejoint le mouvement surréaliste dès son arrivée en France en 1921.

Évaluation des compétences de lecture (10 points)

Texte 1

1- Expliquez pourquoi le souhait de Dorian Gray, qui est « insensé » (ligne 22) est pourtant réalisé. (2 points)

2- Quel aspect de la personnalité de Dorian Gray apparaît sur le portrait modifié ? Montrez comment l’auteur insiste sur cette marque révélatrice. (1point)

3- En vous appuyant sur le point de vue et le lexique utilisés, analysez comment l'auteur, dans le premier paragraphe, nous fait partager les doutes de Dorian Gray. (4 points).


Texte et photographie

4 - Quels rapprochements pouvez-vous effectuer entre la photographie de Man Ray et le texte d’Oscar Wilde ? Justifiez votre réponse par une analyse précise de la photographie (son sujet, sa composition, sa technique…) que vous mettrez en relation avec des éléments du texte. (3 points)


Évaluation des compétences d'écriture (10 points)

« Un jour, j’ai rencontré un bon génie qui m’a offert la possibilité d’exaucer mon vœu le plus extraordinaire … ». Voici les premiers mots du conte fantastique que vous avez décidé d’écrire pour faire rêver vos amis.

Rédigez la suite de votre conte sous la forme d’un texte de vingt à vingt-cinq lignes, en respectant les étapes suivantes :
la rencontre du génie et l’exposition de votre vœu,
les effets de sa réalisation,
les sentiments que vous avez alors éprouvés.

Exemple de grille d’évaluation

Invention
Le récit de la rencontre et l’exposition du vœu sont précis.
La réalisation du vœu s’inscrit dans le registre fantastique, et les sentiments éprouvés sont eux aussi extraordinaires.
La longueur est convenable.

Donc l’intérêt du lecteur est sollicité. / 4 points
OUI -NON
OUI-NON

OUI-NONOrganisation
Le mouvement du texte reprend les trois temps indiqués dans l'énoncé : exposition du vœu, effets de sa réalisation, sentiments éprouvés.
Les connecteurs temporels sont utilisés de manière cohérente.

Donc le lecteur suit le déroulement du récit produit./ 3 points

OUI-NON

OUI -NONExpression
La structure des phrases est globalement correcte.
L'orthographe grammaticale est globalement correcte.
Le lexique utilisé est globalement approprié et précis.

Donc le lecteur comprend le texte produit sans effort particulier./ 3 points
OUI-NON
OUI-NON
OUI-NON


Exemple n° 2 - Objet d'étude : L'homme face aux avancées scientifiques et techniques : enthousiasmes et interrogations

Texte 1

Toute la nuit Gabriel travailla sans trêve.

En premier lieu, il s'occupa des masques. Il en prit un et se servant des appareils qu'il avait achetés dans l'après-midi, il se modela un visage. C'était un visage banal, qui passerait incognito partout. Quand il eut fini, il passa par l'intérieur les connexions électroniques qui faisaient le tour des muscles faciaux. Il enleva son masque primitif et mit le nouveau. Une connexion dans la joue était quelque peu décentrée. Il enleva le masque et en rectifia la position. Il le remit et fit les essais. Il fit une série de mimiques violentes pour éprouver la résistance. Parfait. Tout allait bien. Le fabricant avait été consciencieux. Il conserva les trois autres masques dans le double compartiment d'une des valises, et jeta tout ce qui lui était inutile dans le vide-ordures. Personne ne pourrait le reconnaître à cause de son visage. Il était un autre.

Il s'assit et sortit deux autres instruments. Tous les hommes, en plus des papiers d'identité, portaient tatoués sur le bras gauche, des numéros matricules correspondant à leur naissance. Les robots, au contraire, avaient, tatoué, un grand R. Il souleva sa manche et laissa à découvert la lettre. Il la regarda quelques instants. Il prit un des instruments.

Après un assez long travail le R avait disparu de son bras.

Alors avec un second instrument il commença la seconde partie de l'opération. Ce fut un travail parfait. Les robots font toujours du parfait travail. Quelques heures après le début de l'opération apparaissaient sur son bras les numéros matricules du registre SM.23972. Ceux qui indiqueraient par la suite sa nature humaine qui ferait place à sa nature de robot.

[…]Il donna les dernières touches à sa silhouette et se regarda dans le miroir de la chambre.

Oui, la métamorphose avait été complète. Personne ne reconnaîtrait en lui le robot, né quelque jour avant à l'usine. Pour tous, il serait un homme. Il ne lui fallait plus qu'obtenir les papiers nécessaires. Mais ce n'était pas un obstacle. Il savait comment et où il les obtiendrait. Il ouvrit la porte et sortit.

Domingo SANTOS, Gabriel, histoire d’un robot,
(traduit de l'espagnol par Denise Duval-Pantiez) Éd. Denoël, 1968.

Texte 2

Si l'on parle d'un futur lointain, à horizon 30 ans par exemple, deux choses me semblent probables, voire certaines. La première est que l'on sera capable de reproduire un cerveau artificiel au moins aussi élaboré qu'un cerveau humain, en termes de puissance "brute" (plusieurs entreprises et laboratoires s'y emploient, notamment aux Etats-Unis). La seconde est que les robots deviendront suffisamment sophistiqués pour nous faire croire - ou admettre - qu'ils sont dotés d'émotions. Ce ne sera qu'une sorte de "simulation" du fait qu'ils ressentent des choses comme nous, humains, mais ce sera effectué de façon suffisamment crédible pour que nous l'acceptions.

Si l'on admet que l'émotion est l'une des base de la conscience, il peut dès lors sembler plausible que des machines, dotées d'un cerveau artificiel aussi complexe que le nôtre et capables de simuler des émotions de façon convaincante, puissent être considérées comme dotées d'une "conscience artificielle".

Propos de Cyril Fiévet, spécialiste des évolutions technologiques, recueillis par Laetitia Maraninchi en mai 2007. http://www.eyrolles.com


Évaluation des compétences de lecture (10 points)

Texte 1

1- Pourquoi les nouveaux masques de Gabriel l’aident-ils à ressembler vraiment à un humain ? (1 point)

2- Montrez que son nouveau visage est pour lui une préoccupation essentielle. (2 points)

Texte 2

3- En vous appuyant sur les marques de la modalisation et sur le lexique, montrez que Cyril Fievet développe un raisonnement scientifique. (3 points)

Textes 1 et 2

4- Les deux auteurs imaginent l'évolution future des robots. En quoi leurs hypothèses se rejoignent-elles ? En quoi sont-elles différentes ? (4 points)

Évaluation des compétences d'écriture (10 points)

« Il ouvrit la porte et sortit. »

Rédigez en vingt à vingt-cinq lignes la suite du récit de Domingo Santos en imaginant que le robot Gabriel ne parvient pas à parfaitement imiter les émotions humaines :
Vous exposez la situation dans laquelle il le découvre.
Vous exprimez ses pensées ou ses réactions.
Vous concluez votre récit en disant ce que le robot décide de faire.

Exemple de grille d’évaluation


Invention
La suite du récit s'articule avec le texte support : les caractéristiques du robot sont respectées, le récit relève de la science-fiction .
L’invention est précise (précision de la situation, des sentiments, des réactions).
La longueur est convenable.

Donc l’intérêt du lecteur est sollicité. / 4 points
OUI -NON

OUI-NON

OUI-NONOrganisation
L’organisation des étapes successives ou la progression du récit sont claires.

Donc le lecteur suit le déroulement du récit produit./ 3 points
OUI-NON
OUI-NONExpression
La structure des phrases est globalement correcte.
L'orthographe grammaticale est globalement correcte.
Le lexique utilisé est globalement approprié et précis.

Donc le lecteur comprend le texte produit sans effort particulier./ 3 points
OUI-NON
OUI-NON
OUI-NON


Exemple n° 3 - Objet d'étude : Les philosophes des Lumières et le combat contre l'injustice

Texte 1
Dans le cadre d'expériences scientifiques, il a été demandé à des adultes non parents d'interpréter le comportement de bébés dont ils ne pouvaient identifier le sexe. Si l'expérimentateur annonçait que c'était un garçon, le bébé était décrit comme robuste et tonique. Et si c'était une fille, le bébé était qualifié de fin et gracieux, alors qu'il s'agissait du même bébé ! On retrouve les mêmes clichés dans l'observation vidéo d'adultes en situation de jeu avec des enfants de cinq mois dont le sexe n'est pas dévoilé. On constate que le choix des jouets par les adultes est fonction du sexe annoncé de l'enfant et non du comportement spontané de celui-ci.

Ces expériences et bien d'autres illustrent le rôle actif des représentations et des conduites des adultes face aux très jeunes enfants. […]

Rien d'étonnant donc de voir les stéréotypes se perpétuer quand l'enfant grandit. Il existe toujours malgré l'évolution des mentalités une division des tâches et des rôles au sein du couple qui demeure relativement traditionnelle. La petite fille aura tendance à suivre le modèle de sa mère qui organise la vie quotidienne à la maison, range et classe les affaires. […]

Nous vivons une époque où existe une volonté politique d'établir une parité1 entre hommes et femmes. Si les mentalités évoluent (participation des hommes à la prise en charge des enfants), si des modifications s'opèrent dans le monde professionnel (accès des femmes à des emplois antérieurement réservés aux hommes), les changements d'attitude restent modestes. En fait, la croyance au changement se révèle plus forte que le changement lui-même. Les femmes sont les premières victimes du chômage, leurs salaires sont inférieurs de 25% à ceux des hommes, elles assurent toujours la majorité des tâches ménagères. Le "plafond de verre" - expression qui décrit le fait que plus on s'élève dans la hiérarchie, plus les femmes deviennent rares - est toujours bien présent.

Catherine Vidal (neurobiologiste), Hommes, femmes avons-nous le même cerveau ?
Éditions Le Pommier, 2007
1. Parité : égalité.

Texte 2

Nicolas de Condorcet, philosophe mathématicien, s'exprime en 1790 devant l'Assemblée législative en faveur du vote des femmes qui sera finalement adopté en 1944.

Les droits des hommes résultent uniquement de ce qu'ils sont des êtres sensibles, capables d'acquérir des idées morales et de raisonner sur des idées. Ainsi les femmes ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ; et celui qui vote contre le droit d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré2 les siens.
 
Il serait difficile de prouver que les femmes sont incapables d'exercer les droits de cité. Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n'a jamais imaginé de priver des gens qui ont la goutte tous les hivers et qui s'enrhument aisément ? […]

On a dit que les femmes, quoique meilleures que les hommes, plus douces, plus sensibles, moins sujettes aux vices qui tiennent à l’égoïsme et à la dureté du cœur, n’avaient pas proprement le sentiment de la justice ; qu’elles obéissaient plutôt à leur sentiment qu’à leur conscience. Cette observation est plus vraie, mais elle ne prouve rien : ce n’est pas la nature, c’est l’éducation, c’est l’existence sociale qui causent cette différence.

Condorcet , Essai sur l'admission des femmes
aux droits de cité, 1790
2. Abjuré : renoncé, nié.

Évaluation des compétences de lecture (10 points)

Textes 1 et 2

1- Quelle injustice dénoncent les deux auteurs ? (2 points)

Texte 2

2- Sur quels grands principes se fonde Condorcet pour plaider en faveur du vote des femmes ? (2 points)

3- En vous appuyant sur le lexique du raisonnement et les procédés par lesquels Condorcet cherche à convaincre le lecteur, montrez qu’il rédige une démonstration. (3 points)

Textes 1 et 2

4- Pourquoi est-il étonnant et pourtant logique de voir associés ces deux textes ? (3 points)

Évaluation des compétences d'écriture (10 points)

Vous êtes responsable d’une association luttant contre les discriminations. Vous avez reçu plusieurs plaintes concernant une entreprise : celle-ci semble embaucher de préférence des hommes et pratiquer une différence de salaires.

Vous écrivez une lettre de vingt à vingt-cinq lignes à son directeur pour lui faire part de votre indignation :
Vous lui rappelez - les principes fondamentaux d’égalité des droits
- l’existence des lois issues des combats déjà menés par les philosophes des Lumières.






Exemple de grille d’évaluation

Invention
La situation d’énonciation et les caractéristiques de la lettre sont respectées.
La lettre propose un raisonnement sur l’égalité des droits et fait référence aux philosophes des Lumières, à leurs écrits.
La longueur est convenable.

Donc l’intérêt du lecteur est sollicité. / 4 points
OUI -NON

OUI-NON

OUI-NONOrganisation
L’argumentation est organisée et le texte progresse vers la conclusion.
Les connecteurs du raisonnement sont utilisés de manière cohérente.

Donc le lecteur suit le déroulement du récit produit./ 3 points
OUI-NON
OUI-NONExpression
La structure des phrases est globalement correcte.
L'orthographe grammaticale est globalement correcte.
Le lexique utilisé est globalement approprié et précis.

Donc le lecteur comprend le texte produit sans effort particulier./ 3 points
OUI-NON
OUI-NON
OUI-NON


ExemplE n° 4 - Objet d’étude : Du côté de l’imaginaire 

Avatar1 est leur histoire

À plusieurs milliers de kilomètres d’Hollywood, en Inde, la tribu des Dongria Kondh, qu’un géant minier veut expulser de sa terre « sacrée », a lancé un appel à l’aide au réalisateur James Cameron.

La tribu des Dongria Kondh vit loin des studios d’Hollywood. Ses 8 000 membres logent dans de petites maisons en boue séchée, recouverte de feuilles de palmier, sans électricité, reclus dans une montagne de la région de l’Orissa, au fin fond de l’est de l’Inde. Leur histoire ressemble pourtant à s’y méprendre au scénario du film Avatar, le film réalisé par l’Américain James Cameron, et qui bat des records au box-office mondial. Comme la tribu des Na’vi qui, dans le film, tente d’empêcher les humains d’exploiter les ressources minières de leur terre sacrée, les Dongria Kondh sont menacés d’expropriation par une entreprise britannique, Vedenta Ressources, qui veut exploiter la bauxite de leur montagne.

« Le drame d’Avatar – si l’on fait abstraction des lémuriens multicolores, des chevaux à longue trompe et des guerriers androïdes – se joue aujourd’hui sur les collines de Niyamgiri en Orissa », explique Stephen Corry, directeur de l’organisation non gouvernementale (ONG) Survival Intenational, qui défend les peuples indigènes.

Lundi 8 février, l’ONG a publié dans Variety, un magazine américain consacré à l’industrie du spectacle, un appel à James Cameron pour venir en aide à la petite tribu de l’est de l’Inde. « Avatar est une fiction … bien réelle. En Inde, la tribu des Dongria Kondh lutte pour défendre sa terre (…). Nous avons vu votre film. Maintenant, visionnez le nôtre », lui demande l’ONG.

En Orissa, les collines de Niyamgiri sont vénérées comme des temples car elles abriteraient, selon les croyances des Dongria Kondh, l’esprit du dieu Niyam Raja. Chaque jour, les habitants font des prières devant de petites statuettes en bois posées le long des sentiers de terre, avec, à leurs pieds, des fruits en guise d’offrandes, ou des animaux sacrifiés.

Pour le géant miner britannique Vendenta Ressources, détenu par Anil Agarwal, un milliardaire indien, ces collines abritent surtout un gisement de bauxite d’une qualité exceptionnelle.
Julien Bouissou
Le Monde, Jeudi 11 février 2010

1- Avatar : film de James Cameron, 2009. L'action se déroule sur une planète lointaine où un groupe d'industriels exploite un minerai rare.








Évaluation des compétences de lecture (10 points)

1- Pour les spectateurs du monde entier, le film Avatar est une fiction mais pour les habitants de la région de l'Orissa, que représente-t-il ? (2 points)

2- Dans sa manière de présenter la tribu des Dongria Kondh, quel effet le directeur de l’ONG tente-t-il de produire sur le réalisateur Cameron ? (2 points)

3- Comment le journaliste Julien Bouissou fait-il comprendre à ses lecteurs la « réalité » de la situation des habitants d’Orissa (« Avatar est une fiction … bien réelle » , ligne 15) ? (3 points)

4- Justifiez l’emploi du conditionnel dans l’avant-dernier paragraphe, « elles (les collines) abriteraient » et l’emploi du présent dans le dernier paragraphe, « les collines abritent ». (2 points)

Évaluation des compétences d'écriture (10 points)

Vous avez vu un film ou lu un roman de science fiction dénonçant un abus de notre société. Rédigez en la critique, positive ou négative, selon ce que vous avez ressenti.

Dans votre texte de vingt à vingt-cinq lignes :
vous (racontez l'argument de l'histoire) exposez les principaux éléments de l'intrigue
vous exprimez vos réactions et vos réflexions de spectateur ou de lecteur en vous appuyant sur des éléments précis (au choix : récit, personnages, lieu - décor, scènes etc)
vous concluez en exprimant votre point de vue sur l'efficacité de ce genre de récit pour dénoncer un abus.

Exemple de grille d’évaluation

Invention
Le texte porte sur une œuvre de science fiction.
Les réactions personnelles sont justifiées par au moins deux éléments bien choisis et exploités.
La longueur est convenable.

Donc l’intérêt du lecteur est sollicité. / 4 points
OUI -NON
OUI-NON

OUI-NONOrganisation
La présentation de l’œuvre est faite de façon cohérente et les réactions personnelles sont présentées de façon organisée.
Une réflexion personnelle est exprimée.

Donc le lecteur suit le déroulement du texte produit./ 3 points
OUI-NON

OUI-NONExpression
La structure des phrases est globalement correcte.
L'orthographe grammaticale est globalement correcte.
Le lexique utilisé est globalement approprié et précis.

Donc le lecteur comprend le texte produit sans effort particulier./ 3 points
OUI-NON
OUI-NON
OUI-NON
EXEMPLE n° 5

Objet d'étude : Les philosophes des Lumières et le combat contre l'injustice

Texte (même support que dans l’exemple n° 4) Avatar 1  est leur histoire

À plusieurs milliers de kilomètres d’Hollywood, en Inde, la tribu des Dongria Kondh, qu’un géant minier veut expulser de sa terre « sacrée », a lancé un appel à l’aide au réalisateur James Cameron.

La tribu des Dongria Kondh vit loin des studios d’Hollywood. Ses 8 000 membres logent dans de petites maisons en boue séchée, recouverte de feuilles de palmier, sans électricité, reclus dans une montagne de la région de l’Orissa, au fin fond de l’est de l’Inde. Leur histoire ressemble pourtant à s’y méprendre au scénario du film Avatar, le film réalisé par l’Américain James Cameron, et qui bat des records au box-office mondial. Comme la tribu des Na’vi qui, dans le film, tente d’empêcher les humains d’exploiter les ressources minières de leur terre sacrée, les Dongria Kondh sont menacés d’expropriation par une entreprise britannique, Vedenta Ressources, qui veut exploiter la bauxite de leur montagne.

« Le drame d’Avatar – si l’on fait abstraction des lémuriens multicolores, des chevaux à longue trompe et des guerriers androïdes – se joue aujourd’hui sur les collines de Niyamgiri en Orissa », explique Stephen Corry, directeur de l’organisation non gouvernementale (ONG) Survival Intenational, qui défend les peuples indigènes.

Lundi 8 février, l’ONG a publié dans Variety, un magazine américain consacré à l’industrie du spectacle, un appel à James Cameron pour venir en aide à la petite tribu de l’est de l’Inde. « Avatar est une fiction … bien réelle. En Inde, la tribu des Dongria Kondh lutte pour défendre sa terre (…). Nous avons vu votre film. Maintenant, visionnez le nôtre », lui demande l’ONG.

En Orissa, les collines de Niyamgiri sont vénérées comme des temples car elles abriteraient, selon les croyances des Dongria Kondh, l’esprit du dieu Niyam Raja. Chaque jour, les habitants font des prières devant de petites statuettes en bois posées le long des sentiers de terre, avec, à leurs pieds, des fruits en guise d’offrandes, ou des animaux sacrifiés.

Pour le géant miner britannique Vendenta Ressources, détenu par Anil Agarwal, un milliardaire indien, ces collines abritent surtout un gisement de bauxite d’une qualité exceptionnelle.

Julien Bouissou
Le Monde, Jeudi 11 février 2010

1- Avatar, film de James Cameron, 2009. L'action se déroule sur ne planète inconnue où un groupe d'industriels exploite un minerai rare.





Évaluations des compétences de lecture (10 points)

1- Que dénonce l’Organisation Non Gouvernementale Survival dans son appel lancé dans un magazine américain ? (1 point)

2- Pourquoi peut-on dire que le film Avatar est une fiction qui rejoint la réalité ? (2 points)

3- Donnez deux arguments qui permettent d’affirmer que ce que subit la tribu des Dongria Kondh est intolérable. (3 points)

4- Quels rapports pouvez-vous établir entre le texte proposé et vos lectures concernant les philosophes des Lumières et le combat contre l’injustice ? (3 points)


Évaluations des compétences d’écriture (10 points)

Suite à l’appel à l’aide des Dongria Kondh, le réalisateur James Cameron adresse un plaidoyer au milliardaire indien qui dirige Vedanta Resources pour le convaincre de se comporter de manière plus juste. Le réalisateur expose d’abord leur situation, souligne en quoi elle est inacceptable puis formule des revendications. Rédigez ce plaidoyer d’une trentaine de lignes.

Exemple de grille d’évaluation

Invention
La situation d’énonciation et les caractéristiques du plaidoyer sont respectées.
Le plaidoyer propose une argumentation s’appuyant sur des éléments prélevés dans l’article.
La longueur est convenable.

Donc l’intérêt du lecteur est sollicité. / 4 points
OUI-NON

OUI-NON

OUI-NON

Organisation
L’argumentation est organisée et le texte progresse vers la conclusion.
Les connecteurs du raisonnement sont utilisés de manière cohérente.

Donc le lecteur suit le déroulement du récit produit.
 / 3 points
OUI-NON

OUI-NON



Expression
La structure des phrases est globalement correcte.
L'orthographe grammaticale est globalement correcte.
Le lexique utilisé est globalement approprié et précis.

Donc le lecteur comprend le texte produit sans effort particulier. / 3 points
OUI-NON
OUI-NON
OUI-NON




Exemple n° 6

Objet d'étude : L'homme face aux avancées scientifiques et techniques : enthousiasmes et interrogations

Saint-Médard-en-Jalles, commune @@@@

Saint-Médard-en-JalleS, à la périphérie de Bordeaux, 30 000 habitants. Quatre arobases1 sur cinq au classement de Villes Internet, le Michelin2 des municipalités les plus Web. Des blogs de quartier, une e-administration très rôdée, des initiations à Internet pour les seniors … À l’image de Saint-Médard-en-Jalles, Internet simplifie la gestion des communes, rapproche les élus des habitants et ceux-ci entre eux. Mi-rurale, mi-citadine, Saint Médard est assez représentative de ces collectivités locales connectées au réseau mondial au bénéfice du très local. Son « humus » s’y prête, qui mêle un domaine forestier étendu et plusieurs industries de pointe.

Le maire (Serge Lemaison, PS), ses adjoints et les cadres de la municipalité sont habités d’une foi inébranlable dans les vertus du numérique. Serge Larrous, le directeur général des services, lit Le Monde sur son iPhone et ne jure, comme ses collaborateurs, que par les logiciels libres, moins coûteux et plus « ouverts » que les outils de Microsoft. À la pointe des technologies de la communication, Saint-Médard-en-Jalles revendique cette qualité de « ville libre » de toute dépendance aux géants d’Internet.

Libre et désireuse de s’affranchir de la paperasse. Quatre mille familles paient aujourd’hui en ligne les frais de cantine et leur inscription à un club sportif. Celles qui n’ont pas encore cette habitude sont priées de passer par des guichets numériques pour leurs démarches administratives. C’est moins énervant que de faire la queue … Les habitants bénéficient, s’ils le souhaitent, d’une adresse en « …@stmedard.fr ».

En un mot, Saint-Médard-en-Jalles se veut un laboratoire du vivre-ensemble numérique. Ses informaticiens travaillent à une représentation en 3D de la ville, façon Second Life. Les premiers bâtiments – l’hôtel de ville, une piscine – sont déjà sortis de terre, si l’on ose dire. Bientôt les habitants pourront s’y promener de chez eux et cliquer sur les panneaux d’information qui baliseront leur parcours : heures d’ouverture, numéros d’urgence, catalogue de la médiathèque …

Entraînés dans ce tourbillon numérique, les Saint-Médardais sont devenus exigeants. Un citoyen sur dix est privé d’accès à Internet faute d’infrastructure adéquate – l’habitat est très dispersé – et le supporte mal. « Dans les réunions de quartier, témoigne un élu, Jacques Guichoux, les gens demandent quand ils auront Internet. Un peu comme ils réclamaient autrefois l’eau courante et l’électricité. » Ceux qui ont accès au Web ont un rapport pointilleux à la citoyenneté, explique Stéphan Pelletier, l’adjoint au maire chargé de la démocratie locale : « Ils nous bombardent d’e-mails sur les sujets les plus variés auxquels, souvent, ils attendent une réponse immédiate. »

La réduction de la « fracture numérique » est à l’ordre du jour. En 2009, les ateliers d’initiation de la médiathèque ont formé un millier de personnes à l’usage d’Internet, jeunes et moins jeunes. Une « cyber-base », où les demandeurs d’emploi peuvent rédiger leur CV, une lettre de motivation ou consulter les offres des entreprises, complète ce dispositif. On peut s’y familiariser avec la bureautique, jouer en ligne, créer un blog … Les blogs de quartier, il y en a trois, répandent les micronouvelles locales dans chaque foyer : le 29 janvier, l’Association socioculturelle de l’ouest, l’ASCO, organisait un loto salle Georges Brassens. La planète ne s’est pas arrêtée de tourner ce soir-là. Mais cette cyber-citoyenneté affermit la citoyenneté tout court. En 2007, plus de 90% des électeurs de Saint-Médard-en-Jalles ont voté à la présidentielle. La ville, en récompense, a reçu la Marianne du civisme. Son tropisme pour Internet et ses quatre arobases y sont certainement pour quelque chose.

Bertrand Le Gendre
Le Monde, Dimanche 7- Lundi 8 février 2010

1. Arobase : nom du signe @
2. Michelin : nom d'un célèbre guide des meilleurs restaurants et hôtels, le Guide Michelin.


Évaluation des compétences de lecture (10 points)

1- En quoi la commune de Saint-Médard-en-Jalles est-elle un « laboratoire du vivre-ensemble numérique » (ligne 20) ? (2 points)

2- Relevez, dans les deux premiers paragraphes, des termes relevant du lexique technique. Dans quel but le journaliste utilise-t-il ce lexique ? (3 points)

3- Comment se manifeste la « fracture numérique » dans la commune ? (2 points)

4- En quoi les avancées technologiques suscitent-elles l’enthousiasme des habitants de Saint-Médard-en-Jalles ? Justifiez votre réponse. (3 points)

Évaluation des compétences d'écriture (10 points)

Un soir, une panne générale des relais internet touche la ville de Saint-Médard-en-Jalles. Des membres d’une famille (les parents, les enfants, les grands-parents) se retrouvent et discutent des avantages et des inconvénients d’Internet révélés par cette panne. Le lendemain, le courant rétabli, l’adolescent de votre âge rapporte sur le blog du quartier cette soirée.

Vous rédigez cet article de blog en vingt à vingt-cinq lignes :
dans un premier paragraphe vous racontez l'événement : comment chaque membre de la famille utilisait Internet au moment de la panne et comment ils ont réagi ;
dans un deuxième paragraphe, vous rapportez la discussion en faisant apparaître le point de vue de chacun.

Exemple de grille d’évaluation

Invention
La situation d’énonciation et les caractéristiques de l’article sont respectées.
Le texte aborde les différents aspects de l’usage d’Internet en fonction des trois générations (grands-parents, parents, jeunes).
La longueur est convenable.

Donc l’intérêt du lecteur est sollicité. / 4 points
OUI -NON

OUI-NON

OUI-NONOrganisation
Le texte produit comprend deux parties, un récit et une argumentation.
Les connecteurs du raisonnement sont utilisés de manière cohérente.

Donc le lecteur suit le déroulement du texte produit./ 3 points
OUI-NON
OUI-NONExpression
La structure des phrases est globalement correcte.
L'orthographe grammaticale est globalement correcte.
Le lexique utilisé est globalement approprié et précis.

Donc le lecteur comprend le texte produit sans effort particulier./ 3 points
OUI-NON
OUI-NON
OUI-NON













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